Rencontre avec Dmitry Glukhovsky aux Utopiales

glukhovsky savine utopiales nantes 2010

savine glukhovsky utopiales nantesLes Utopiales, salon nantais de science-fiction et fantasy à la réputation européenne, accueille entre autre l’auteur russe dont Denis E. Savine est le traducteur pour la France : Dmitry Glukhovsky. Sa première rencontre avec le public (il y en a d’autres de prévues, cf. ce billet) a eu lieu le jeudi matin vers 11h, et c’est justement son traducteur qui menait le débat.

Très à l’aise avec le français, ce qui était encore plus agréable pour le public venu y assister, Dmitry Glukhovsky a commencé par expliquer ce qu’est Metro 2033, et qu’on ne présente plus sur ce blog (cf. tous les billets à ce sujet)… Répondant aux questions de Denis E. Savine, il a parlé avec beaucoup d’humour de son approche du récit, de son univers, et de ce qu’il a voulu mettre dans son roman. Aimant depuis tout jeune la mythologie classique, c’était pour lui essentiel lors de la rédaction de ce premier roman : offrir un conte, à la manière d’un mythe, et sans prétendre à une approche scientifique quelconque. Il raconte d’ailleurs ses quelques difficultés avec les auteurs ayant une approche plus puriste du genre « science-fiction », car pour Dmitry Glukhovsky, la crédibilité scientifique n’est pas essentielle à son histoire. Il aborde même ce qu’il appelle le « romantisme » du lecteur : son envie d’une aventure avec l’apprentissage d’un héros, comme une quête où il y a plus de magie que d’explications techniques. Le contexte post-apocalyptique se prête bien à cette notion particulière de ne compter que sur soi-même, sans aide technologique… Et il l’a volontairement voulu plus magique et moins dépressif que le cinéma américain abordant ce sujet.

savine glukhovsky utopiales nantesCela n’empêche pas l’auteur d’avoir une vraie culture littéraire, comme lorsqu’il a été question d’une étagère de livres décrite dans Metro 2033 au détour d’une station. Ce sont ses propres influences qui se retrouvent là, car, loin des auteurs russes classiques dont il parle avec ironie à cause du jeune âge où il les a abordés, il est question de Marquez, Borgès, ou encore Kafka. C’est dans cette littérature du XXe qu’il se retrouve, ou en tout cas c’est dans celle-ci qu’il faut voir une influence sur son écriture. Mais on sent que d’autres éléments entrent en ligne de compte, notamment lorsqu’il évoque la crucifixion du Christ 2000 ans avant son intrigue, du métro moscovite comme une forme de purgatoire, ou encore de la place de l’humain qui n’a pas créé la Terre et le monde dans lequel il vit, mais qui le détruit totalement.

Enfin, il a bien sûr été question de Metro 2034 – en cours de traduction par Denis E. Savine – qu’il annonce comme moins aventureux, plus noir, mais également plus philosophique que le précédent. Et qui n’est pas une suite, mais plutôt la seconde moitié d’une même sphère, complétant la vision offerte par Metro 2033.
Une rencontre avec un auteur passionnant et passionné, ouvrant d’ailleurs son univers à d’autres auteurs – russes mais également d’autres pays : une nouvelle approche pour offrir aux lecteurs un monde persistant cohérent et surtout plus riche ? A découvrir peut-être un jour en français, et d’ici là, il ne reste plus qu’à attendre la parution du nouvel opus aux éditions Atalante, prévue pour le printemps 2011.

  • Une très bonne intervention, oui. Comme celles qui ont suivi. J’avais un peu peur de son statut de star du journalisme, mais ses propos durant les différentes tables rondes m’ont montré qu’il s’agit d’un jeune homme intelligent, drôle et réaliste. Il a dit avoir été déçu par le journalisme politique, et a préféré abandonner ce métier plutôt que de continuer à respecter la ligne de conduite que le gouvernement russe dicte. L’actualité, avec ces journalistes tabassés à mort à coup de barre de fers par les jeunes de Russie unie nous donne la preuve de ces allégations. En ce qui concerne l’étagère de livres, je crois qu’il en est question au début du roman, et que ces ouvrages chers à l’auteur sont présentés comme ceux du père du héros.

  • Laisser un commentaire